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«Ceux qui s'entêtent de pratique sans
science sont comme des marins montant sur un navire sans |
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Si nous perçons d'un trou une des parois dune boîte quelconque, et que nous
remplaçons la paroi opposée par un verre dépoli, nous voyons se dessiner
sur ce verre les objets qui se trouvent dans le champ visuel du trou
(fig. 1). Cette image toutefois est loin d'être nette ; elle est sombre
et imprécise, et par conséquent très imparfaite, ce qui est du reste
tout ce que l'on peut attendre d'un appareil aussi rudimentaire.
Cependant l'appareil photographique moderne, sous une forme perfectionnée,
n'en diffère pas essentiellement.
Pour obtenir une image de l'objet qui se trouve en face de cette boîte
primitive, il suffirait de remplacer le verre dépoli par une plaque
sensible.
L'image obtenue après développement de la plaque est inversée, les plans
clairs apparaissant en sombre et inversement. C'est ce que l'on appelle
un cliché, ou mieux un négatif, et on verra plus loin qu'en reproduisant
par impression ce négatif sur un papier sensible, on provoque une
nouvelle inversion, qui rétablit les valeurs des ombres et des lumières.
On obtient ainsi une épreuve positive. Si maintenant on place une
lentille dans l'ouverture pratiquée dans la paroi de la boîte en
question, l'image projetée sur le verre dépoli devient beaucoup plus
vigoureuse, plus claire et plus nette. Mais elle est encore bien
imparfaite. On a réussi à l'améliorer en combinant plusieurs lentilles
en une seule, et c'est ce qui a donné naissance à l'objectif
photographique.
En poursuivant ces expériences, on remarque que pour obtenir une image nette
des objets rapprochés, la distance entre l'objectif et la surface
sensible doit être d'autant plus grande que l'objet est plus rapproché.
Il s'ensuit que la distance objectif-surface sensible doit y pouvoir
être réglée suivant les circonstances. [1] Ceci est généralement obtenu
au moyen d'un soufflet en toile ou en cuir; parfois aussi, comme p. ex.
dans les appareils petit format, à l'aide d'une lentille réglable.
Fig. 1. Le verre dépoli présente une image
renversée de l'objet
[1]
Dans
les simples «box» et, en général, dans tous les appareils dits à foyer
fixe, la lentille est calculée de manière à obtenir des images
entièrement nettes, à partir de
Enfin, la plaque doit être exposée pendant un temps
suffisant, de manière à permettre à la lumière d'agir convenablement sur
la surface sensible ; la durée de l'exposition ou temps de pose dépend
naturellement du plus ou moins grand éclairement de l'objet, de la
sensibilité de la pellicule ou de la plaque etc. Le temps de pose est
réglé au moyen d'un obturateur.
L'appareil photographique se compose donc de deux
parois verticales, raccordées par un soufflet, et qui peuvent être
rapprochées ou éloignées l'une de l'autre. La paroi de devant contient
l'objectif, et la paroi opposée supporte le verre dépoli qui permet de
voir l'image obtenue. Au moment de prendre le cliché, le verre dépoli
est remplacé par la plaque sensible. Les appareils utilisant des
pellicules en bobines au lieu de plaques ne sont pas pourvus d'un verre
dépoli ; dans ce cas, le sujet est repéré à l'aide d'un viseur, et la
mise au point se fait au moyen d'une échelle de distance. Le mode
d'emploi qui accompagne chaque appareil donne les indications
nécessaires à ce sujet.
L'appareil à plaques est complété par quelques châssis,
c.à.d. de minces boîtes en métal, pouvant chacune contenir une plaque.
On peut utiliser aussi un châssis à film packs. [2] Aucun châssis n'est nécessaire pour la pellicule en bobine (roll film), celle-ci étant enroulée par le fabricant sur une bobine qui peut être placée dans l'appareil, ou enlevée, à la lumière du jour.
[2]
Le
film packs est un bloc de 12 pellicules planes et souples. Chaque
pellicule est munie d'une longue tirette en papier à l'aide de laquelle
on fait glisser la pellicule sous les autres pour la placer à l'arrière
du paquet Après la douzième pellicule, un carton noir obture le paquet
et permet d'enlever le film packs de son châssis pour le remplacer par
un autre Ces manipulations peuvent se faire en plein jour.
L'objectif
La plupart des appareils box sont pourvus d'une
lentille simple. généralement biconvexe ou
convexo-concave. Celle-ci n'est au fond qu'une loupe de plus ou moins
bonne qualité. Dans cette lentille (comme dans toutes celles ayant les
bords plus minces que la partie centrale) les rayons lumineux sont
réfractés de telle sorte que tous les rayons qui émanent d'un point
déterminé et traversent la lentille convergent (en principe) sur un même
point à l'arrière de la lentille (fig. 2 et 3).
Ce point s'appelle foyer. [3] On verra plus loin
pourquoi nous disons «en principe». Mais comment interpréter les termes
:«tous les rayons émanant d'un même point» ?
Et comment ces rayons peuvent-ils former l'image ?
a) Lentille en forme de ménisque.
En principe, la lentille convexe fait converger vers un même point
[3] Le «foyer» d'une lentille est le point de
convergence des rayons émanant d’un point très éloigné et situé sur
l'axe optique. Celui-ci est la droite passant par le centre de chaque
face de la lentille.
De chaque point des
objets que nous voyons émanent des rayons lumineux, soit dans une
direction déterminée, soit dans toutes les directions.
De même que pour les points A et B, des rayons lumineux émanent de tous les
autres points du sujet et
Il importe peu ici de
savoir si ces rayons émanent directement d'une source lumineuse ou bien
s'ils sont seulement réfléchis. Disons, pour bien faire comprendre le
rôle de la lentille, que chaque point du sujet photographié vient
frapper celle-ci sous forme de faisceau lumineux, lequel se concentre
ensuite sur un point de la surface sensible (fig. 4). Il en est de même
pour tous les points qui composent le sujet, et c'est ainsi que se forme
l'image.
Inconvénients de la lentille simple
La lentille simple présente divers inconvénients et défauts. Ces défauts
sont dus au fait que les surfaces de cette lentille sont convexes au
lieu d'être planes, et il en résulte que les rayons marginaux ne se
concentrent pas sur le même point que les rayons centraux (fig. 5). En
outre, les bords ogivaux de la lentille agissent à la manière d'un
prisme, c.à.d. qu'ils décomposent les rayons dans les différentes
couleurs qui les constituent. La réfraction est la plus forte pour les
rayons violets et bleus, et la plus faible pour les rayons rouges (fig.
6).
Aberration de sphéricité.
Fig. 6 Aberration chromatique ou décomposition des couleurs.
Il en résulte qu'avec une pareille lentille (à grande ouverture) il est
impossible de rendre un point par un point. Si l'on fait la mise au
point sur les rayons centraux, on obtient autour des points nets des
taches diffuses provoquées par les rayons marginaux, et toutes ces
taches diffuses réunies donnent une image floue. Le contraire se produit
en faisant la mise au point sur les rayons la mise au point sur les
rayons marginaux (fig. 7).
A) Mise au point sur les rayons marginaux : les rayons centraux forment une
tache diffuse.
Dans aucun cas, un point-objet n’est rendu par un même point.
Chacun peut aisément se rendre compte de ce défaut, en essayant p.ex.
d’obtenir sur une feuille de papier, à l’aide
d’une simple loupe, une image du soleil ou d’une lampe. Quoi que l’on
fasse, on n’obtiendra pas une image nette.
Comment faire pour les éviter?
Le moyen est bien simple on intercepte les rayons marginaux, et de cette
manière l'image est formée par les rayons centraux seulement. Cela est
obtenu grâce au diaphragme, dont il est fait mention plus loin (voir
fig. 8).
.
C'est cette méthode qui est
mise en pratique dans les appareils box. Elle ne va toutefois pas sans
inconvénients. En interceptant les rayons marginaux, on supprime une
bonne partie de la lumière. On a donc logiquement cherché le moyen d'utiliser les rayons marginaux tout en évitant cet inconvénient, et ce moyen a été découvert. Il consiste à opérer la combinaison de deux lentilles, l'une biconvexe et l'autre biconcave.
On obtient ainsi un objectif dont l'épaisseur est partout la même (fig.
9). Par cette combinaison, l'aberration de sphéricité et l'aberration
chromatique sont pratiquement éliminées. [4]
[4]
Si le rouge joue un rôle important, comme dans le
procédé en couleurs des arts graphiques, il ne suffit pas d'éliminer la
différence focale entre le bleu violet et le jaune (objectif
achromatique). Le foyer des rayons rouges aussi doit coïncider avec ceux
des autres rayons (objectif apochromatique).
Il va de soi cependant qu'un objectif de ce genre ne concentrerait
nullement les rayons si les deux lentilles étaient constituées par un
verre de même nature, puisque la lentille concave disperserait à nouveau
les rayons dans la mesure où la lentille convexe les concentrerait. On
choisit donc pour la lentille concave un genre de verre (flint) qui
disperse les rayons moins que la lentille convexe ne les concentre
(verre crown ).
Mais ce système est-il entièrement exempt de défauts ? Pas encore. Il en subsiste quelques-uns, notamment l'astigmatisme, par lequel les rayons obliques font apparaître un point-objet sous forme d'un trait ou d'une petite croix ; il y a également la courbure du champ (le l'image, qui a pour effet de rendre les bords de l'image moins nets (ou vice-versa, les bords nets et le milieu flou, selon la mise au point).
Courbure du champ de l'image.
Les rayons qui partent des points A, B et C de la surface du sujet ne sont
pas projetés sur un champ plan par la lentille.
Ces défauts, avec
quelques autres, sont évités grâce à l'objectif anastigmatique, c.à.d.
une combinaison de trois lentilles au moins. Un calcul exact de la
position et de la courbure des lentilles importe beaucoup pour
l'élimination des défauts.
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| Source du document: Manuel de photographie Gevaert, édition 1949. | |
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